Mois : mars 2013

Marathon du Pôle Nord 2013

En route vers le pôle Nord !


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Après plusieurs semaines d’entraînement, c’est parti !

Premier arrêt au Spitzberg pour quelques jours d’acclimatation avant le départ pour le pôle Nord.

Le camp de base temporaire Barnéo est en cours d’installation sur la banquise – sur une plaque de glace de 2km par 1km actuellement située N 89˚ 30 ‘E and 160˚ 46’.

La piste d’atterrissage devrait être préparée aujourd’hui – et la température oscille actuellement autour de -30°C !

UVU NPM 2013

A suivre…

Entretien avec...

Entretien avec Benoît Laval – Le spécialiste du trail


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La passion du trail guide sa vie, sa vie quotidienne, sa vie professionnelle, ses voyages autour du monde. 

Et son palmarès est à la hauteur de sa passion, exceptionnel !  Vice-champion de France en 2009, équipe de France en 2010, 9ème au Marathon des Sables, 2ème, 4ème et 5ème au Grand Raid de la Réunion, une victoire à l’Annapurna Mandala Trail au Népal, onze victoires au Défi de l’Oisans.  

Benoit Laval 7

Benoît Laval, 40 ans, ne s’arrête pas là.  Au-delà du trail, il est un homme de défis, un touche à tout.  Plus le challenge sportif est original plus cela l’intéresse.  Et lorsqu’il prend le départ d’une compétition que ce soit une course sur route, un raid d’orientation, une course de raquette à neige, une course de ski alpinisme, il ne se contente pas de franchir la ligne d’arrivée, mais il se classe dans les tout premiers.  Il a ainsi été 5ème au championnat de France des 100 kilomètres, 13ème au 100 kilomètres de Millau, champion du monde de raids d’orientation, trois fois vice-champion de France de raids d’orientation, deux fois champion de France de raquette à neige, 6ème à la coupe d’Europe de raquette à neige, vainqueur en mixte à la Pierra Menta, la mecque du ski alpinisme.       

Et comme il ne fait pas les choses à moitié, il mène toujours ses projets professionnels et sportifs en parallèle.

Il s’est appuyé sur sa formation d’ingénieur textile à l’Ecole supérieure des techniques industrielles et des textiles (ESTIT) pour fonder Raidlight en 1999, une marque de produits de sports pour le trail, et acquérir en 2010 la société Vertical, spécialisée dans les vêtements de montagne.

Il créé, en 2011, la première Station de Trail à Saint-Pierre-de-Chartreuse, en Rhône-Alpes, où il s’est installé.  Une Station de Trail est un lieu 100% dédié au trail, qui propose des parcours, des services, et des outils à la fois aux débutants désireux d’apprendre et d’être encadrés et aux passionnés.  Les parcours sont balisés de la même manière que des pistes de ski avec un code couleur (vert, bleu, rouge, noir) correspondant à la difficulté du parcours (nombre de kilomètres et dénivelé).  La Station de Trail comprend un espace « Stade de Trail » constitué de parcours techniques pour l’entraînement : parcours de côtes, parcours de fractionné, Kilomètre Vertical.  La Station de Trail comprend aussi une base d’accueil avec des vestiaires et douches, la présentation des parcours, les conseils d’un animateur, des coachs spécialisés pour un accompagnement à la journée ou sous forme de stages, des bornes informatiques pour saisir ses chronos sur site web de la Station de Trail, un espace détente avec des tapis roulants, des fauteuils de relaxation, un sauna, et une salle de réunion pour d’éventuels séminaires.

En 2012, le concept de Station de Trail s’est transformé en réseau national avec l’implantation de deux nouvelles stations, à Villard-de-Lans et à Saint-Martin-Vésubie, le dispositif étant reconnu comme un véritable produit de diversification économique et touristique (http://www.stationdetrail.com/).  Vingt Stations de Trails devraient voir le jour d’ici trois ans.  En 2012, Benoît Laval créé, sur le même modèle que les Stations de Trail, le premier Espace de ski-de-rando, à Saint-Pierre-de-Chartreuse (http://www.espace-skiderando.com/).  

Nous avons fait sa rencontre à son retour d’Hong-Kong où il a participé au Raidlight Lantau Trail, un 50 kilomètres au cœur de l’ile de Lantau, où il a décroché une brillante 3ème place.

Entretien avec un entrepreneur endurant au parcours impressionnant, entretien avec Benoît Laval.Benoit Laval 1

 

Comment est venue votre passion pour le trail ?

Je cours depuis l’âge de 10 ans.  J’étais membre d’un club d’athlétisme de 10 à 18 ans.  Lorsque j’avais 14-15 ans, je m’entraînais quatre fois par semaine sur piste.  J’étais bon, mais je n’étais pas dans les meilleurs.  Par exemple, je n’avais jamais réussi à me qualifier pour les championnats de France.  J’avais des résultats honorables, mais je n’ai pas de don de la nature pour la course à pied.  Un point clef de ma motivation et de ma persévérance était que nous étions un groupe de copains dans un club très sympa, l’ASPTT Paris. Et j’ai évolué dans un milieu où la course à pied était importante.  Mon père et mon parrain pratiquaient beaucoup ce sport.

L’entraînement pendant toutes ces années m’a permis d’apprendre les valeurs du sport.

Ensuite pendant mes études d’ingénieur à Lille, j’étais très investi dans la vie associative et j’avais par conséquent un peu moins de temps à consacrer au sport. De la piste et ses exigences  je suis passé à la course sur route, avec un 1er marathon à vingt ans.

La montagne m’a toujours attiré. En 1993, à 21 ans, j’ai traversé seul les Pyrénées de l’Atlantique à la Méditerranée, soit 520 kilomètres, en trois semaines, en complète autonomie.

Pendant le service militaire, j’ai fait le choix de devenir officier en passant par Coëtquidan Saint-Cyr, puis chef de section de chasseurs alpins à Bourg-Saint-Maurice.  Je me suis éloigné de la piste et des courses sur route et j’ai commencé à pratiquer le trail et le ski de randonnée à forte dose.

C’est à partir de cette époque que j’ai commencé à m’intéresser particulièrement au trail.  Le trail conjugue mes deux centres d’intérêts : la montagne et la course à pied.

En 1998, j’ai participé à mon premier trail, le Défi de l’Oisans, un trail par étapes en 6 jours de 200 kilomètres et 12 000 mètres de dénivelé positif.  J’ai gagné cette course.  Ce fut une révélation.  J’ai pris goût à ce sport et je m’y suis spécialisé.  J’ai fait d’autres courses pour lesquelles j’ai eu de bons résultats.  Je me suis alors inscrit au Grand Raid de la Réunion l’année d’après, soit en 1999, et j’ai terminé…5ème, à ma grande surprise.  Cela m’aurait déjà semblé extraordinaire de finir dans les vingt premiers.

A partir de là, j’ai enchaîné les trails.  J’ai réalisé que c’est un sport dans lequel je peux être bon contrairement à la course sur route.  Par contre, je n’ai pas souhaité me spécialiser.  Je peux prendre le départ de trails de 50 kilomètres, d’ultras ou bien de trails blancs.

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Vous aimez aussi beaucoup les autres sports de montagne, raquettes, ski alpinisme, alpinisme, ski de fond, raids d’orientation.  Votre pratique de ces sports est-elle aussi intense que votre pratique du trail ? 

Ce que j’aime avant tout, ce sont les défis.

Par exemple, alors que je ne pratiquais pas le ski de fond, je me suis lancé le défi de terminer la Transjurassienne (épreuve de 76km). J’ai alors appris le ski de fond pour pouvoir participer à cette épreuve.  J’y ai participé trois fois.

Idem, quand je me suis mis au ski alpinisme, j’ai commencé par la Pierra Menta.  Aujourd’hui, je fais un peu de dénivelé en ski alpinisme pour me rendre en montagne.  Cela me permet également de travailler l’endurance indispensable à la course à pied.

Un autre exemple : j’ai entendu dire qu’il y avait une course de montée des 86 étages de l’Empire State Building.  Je me suis inscrit et y ai participé.  Le 31 mai prochain, la même épreuve sera organisée à la Tour First à la Défense, et bien sûr j’y serais… Dans le même registre, il y a quelque jours, j’ai participé à la première course exclusivement en descente de France, la Raidlight Kilomètre Vertical Down, soit 600 mètres de dénivelé négatif sur 3 kilomètres de course sur une piste de ski alpin de Saint-Pierre-de-Chartreuse / Le Planolet.

Dès qu’un événement sportif est un peu exotique, cela m’intéresse.

Mon sport favori en compétition reste cependant le trail.  Je pratique beaucoup plus le trail que les autres sports de montagne.  C’est dans cette discipline que j’ai les capacités et envie de faire des bonnes performances.

J’ai pratiqué la raquette pendant quelques années.  La première fois que j’ai participé à une course de raquettes, j’ai terminé 20ème.  Les premiers me semblaient inaccessibles. Puis j’ai pris le temps d’étudier comment fonctionne ce sport, le matériel, etc, j’ai beaucoup travaillé et j’ai mieux compris comment y arriver.  Et j’ai ensuite été champion de France dans ce domaine.

Je ne pratique quasiment plus l’alpinisme pour des questions de temps. C’est un sport qu’on peut difficilement pratiquer en dilettante.  Il requière un investissement total.  J’ai déjà pensé faire un 8000 mètres car j’aime les défis.  Ceci étant, j’ai abandonné cette idée car le risque est tellement grand que relever un tel challenge nécessite de nombreuses années d’entraînement.  Cela aurait nécessairement été au détriment de mon autre sport de prédilection qu’est le trail.

Qu’est ce qui explique, selon vous, votre réussite dans le domaine du trail ?

C’est une combinaison de différentes choses.  J’ai un bon moteur que j’ai développé pendant de nombreuses années d’entraînement, même s’il ne me permettrait pas de gagner un marathon sur route.  Si je devais faire un marathon sur route demain, je le terminerais en 2h40-45.  Cela n’est pas exceptionnel.  Ce qui me permet de réussir en trail, c’est surtout l’expérience sportive que j’ai acquise à force de m’entraîner depuis l’âge de 10 ans, la facilité que j’ai en montagne et sur les dénivelés et la volonté de me lancer toujours plus de défis.  C’est la meilleure façon de progresser.  Beaucoup de coureurs courent depuis 10 à 15 ans et n’osent toujours pas participer à un marathon. Je trouve que c’est dommage.

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A combien de courses participez-vous chaque année ?

Une quinzaine dans le domaine du trail et cinq ou six dans un autre sport (ski de fond, ski alpinisme, etc…).

Quelle est la course la plus difficile que vous ayez courue ?

Certaines courses sont réputées être difficiles.  Parmi celles que j’ai courues, c’est certainement le Grand Raid de la Réunion qui est réputée être la plus difficile à cause du dénivelé, de la distance, du terrain escarpé.  Ceci étant, je pense que la difficulté d’une course provient de son engagement, de l’investissement que l’on y consent, de ce que l’on en attend, de l’effort que l’on fait.  Si je cours le Grand Raid de la Réunion tranquillement, je ne trouverais pas ce trail particulièrement difficile.

Toute course est difficile lorsque je me fais vraiment mal pour viser une bonne performance.     La difficulté ne dépend pas de la durée non plus.  L’ascension de l’Empire State Building a été particulièrement éprouvante même si cela ne dure que 10 minutes car c’est très très intense.

Même si cela est très frustrant au regard de la préparation préalable, le fait de devoir abandonner une course n’a jamais été un problème pour moi car le trail reste un jeu, un plaisir.  Je n’ai notamment pas eu de chance avec l’UTMB.  C’est une course « maudite » (lol)  pour moi.  J’ai pris le départ de cette course quatre fois et j’ai dû abandonner quatre fois entre le 40ème et le 60ème kilomètre. C’est ainsi, ce n’est pas bien grave.

Quelle est la course que vous préférez, à laquelle vous participez tous les ans ?

Le Défi de l’Oisans auquel j’ai participé déjà 11 fois et que je programme à nouveau cette année, notamment pour la beauté des paysages et l’ambiance.  C’est le premier trail auquel j’ai participé.  C’est une épreuve par étapes qui dure 6 jours ce qui permet vraiment aux participants de se mettre dedans, de ne penser qu’au trail pendant une semaine.  On oublie ainsi les soucis du quotidien, on décompresse et on a vraiment le temps de faire connaissance avec les autres coureurs.  J’ai présidé l’Association SMAG organisatrice du Défi de l’Oisans pendant dix ans, j’ai connu le créateur de la course et de l’association (Laurent SMAGGHE, décédé en montagne  il y a une dizaine d’années), j’y suis donc aussi attaché..

Quelle est la course à laquelle vous rêveriez de participer ?

Aucune car dès que j’ai eu envie de participer à une course, je m’y suis inscrit !  Quand j’ai eu envie de courir le Marathon des Sables, j’ai pris un billet et y suis allé.  Dernièrement je pensais à l’ascension de la tour Taipei 101 à Taïwan (101 étages…), je m’y inscrit pour cette année…  Je pensais depuis quelques temps à la Tor des Géants, je me suis inscrit pour l’édition 2013.

La seule course à laquelle j’ai envie de participer et n’ai pas encore eu l’occasion est l’Himal Race, un raid par étapes au Népal qui consiste à traverser le pays en trois semaines.  Je n’ai pas encore eu l’occasion de prendre cinq semaines de congés d’affilée en octobre-novembre donc je n’y ai pas encore participé.  Ceci étant, cette course n’est pas mon rêve ultime, mais j’irais peut-être un peu plus tard.

Quelle est votre semaine type d’entraînement en course à pied ?

Je pense qu’il faut toujours faire des entraînements de qualité même pour l’ultra, sauf à avoir beaucoup de temps et à pouvoir faire des sorties longues de 3 heures tous les jours.  Si on n’a pas beaucoup de temps pour faire du volume, c’est important de travailler l’intensité.  Le seuil permet de progresser en endurance, le fractionné permet d’améliorer la VMA et donc le seuil, et ainsi de suite.

Le mardi, je fais du fractionné, 6 x 1000 ou 12 x 500 ou du fartlek.  Le mercredi, je fais un footing.  Le jeudi, je fais une séance au seuil pendant 20 à 40 minutes.  Le samedi, je fais une séance de côtes.  Et le dimanche, je fais une sortie longue d’1 heure 30 ou bien de 4 heures en montagne.  Je cours donc généralement 60 kilomètres par semaine.

Ceci étant, mon emploi du temps est souvent bousculé à cause de mon activité professionnelle et bien souvent je n’arrive pas à respecter ce calendrier.

Pourriez-vous pratiquer un autre sport d’endurance comme le triathlon ou le vélo ?

Oui, je pourrais être passionné par un autre sport mais je n’ai pas le temps.  Je ne pratique donc pas d’autres sports à part une pratique d’entraînement variée en montagne (ski de rando, ski de fond de temps en temps…).

Seriez vous intéressé par le Marathon du Pôle Nord ou le 100km de l’Antarctique ?

Cela pourrait effectivement m’intéresser !  J’ai déjà couru sous de fortes chaleur, en Lybie, au Mali ou lors du Marathon des Sables mais jamais dans le très froid.  Cela pourrait être une nouvelle expérience, donc bonne expérience.

Les régions polaires pourraient-elles vous attirer ? Pourriez-vous envisager une expédition dans ces régions ?

Elles pourraient m’attirer mais je n’envisage pas d’expédition là-bas.  Cela demande une technicité, un entraînement particulier.  Il faut maîtriser les réflexes de survie en milieu froid et cela nécessite un apprentissage. C’est comme tout, il faut apprendre, pour l’instant ce n’est pas dans mes projets.

Quels sont vos projets ?

Cette année, je vais à nouveau participer au Marathon des Sables en avril.  Mon objectif est de faire mieux que ma meilleure place en 2004, 9ème. Puis la tour 101 à Taiwan, c’est plus une course exotique pour le fun et le plaisir. Je participerai fin juin au Grand Duc, un trail de 80 kilomètres avec un dénivelé positif de 4 900 mètres au départ de Saint-Pierre-de-Chartreuse, puis au Défi de l’Oisans fin juillet. Et je prendrai le départ pour la première fois du Tor des Géants, début septembre, un trail non stop de 330 kilomètres et 24 000 mètres de dénivelé positif en Vallée d’Aoste.

Vous pouvez suivre les aventures sportives de Benoît Laval sur son blog : http://www.benoitlaval.com/

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Entretien avec Daniel Kurbiel – de l’Arctique aux cosmétiques


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Lors de notre marathon au pôle Nord, nous protègerons nos visages, mains, lèvres et pieds avec les soins de la gamme Extrême Care de Polaar.  Les qualités de ces produits peuvent notamment nous permettre de réduire le risque de déssèchement, engêlures et autres gêlures.  L’objectif étant de finir ce marathon… avec tous nos doigts et orteils en bon état !

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Polaar a été fondée en 2004 par Daniel Kurbiel et Karine Roche.

Nous avons rencontré Daniel Kurbiel au siège de son entreprise, dans des locaux très convivials au décor empreint d’images et de souvenirs polaires.  De ces décors qui vous donnent envie d’aller explorer ces régions.

Fils d’explorateurs polaires, Daniel Kurbiel découvre dès son plus jeune âge l’Arctique en accompagnant ses parents tous les ans lors de leurs expéditions à bord de Vagabond 2, un brise glace de 15 mètres, désigné « plus petit brise glace du monde au Guiness des Records »*, notamment lors de leur traversée du Passage du Nord-Ouest accomplie avec trois hivernages successifs.  C’est à cette époque, au contact des scientifiques qu’il rencontre, qu’il prend conscience de la richesse de la flore Arctique et de son extraordinaire pouvoir anti-oxydant.

Cette passion pour l’Arctique ne le quittera plus même s’il prend le temps de se consacrer à ses études et à son autre passion, la voile.  Sportif émérite, il intègre quelques années après la fin de son MBA à l’école HEC Montréal, l’équipe de voile nationale et devient champion de France en 2001.

En 2004, après quelques années passées à travailler pour un cabinet de conseil en stratégie, il fait le grand saut.  Il fonde Polaar, une marque de cosmétique dont les produits sont composés d’actifs issus des régions polaires, comme la glycoprotéine de l’Antarctique, l’eau de glacier, le coton Arctique, la camarine de Laponie, le lichen d’Islande, l’olivier et le ginseng de Sibérie, ou le raisin Arctique. Les soins sont purs, sans alcool, sans paraben et sans huiles minérales.  La marque est dynamique et sportive. Le positionnement est innovant.  C’est un succès.

Polaar 3

Daniel Kurbiel nous confie devoir la réussite de ce projet d’entreprise à son travail, à sa confiance en lui, à sa persévérance, aux bonnes personnes qui l’entourent et aux qualités qu’il a développées grâce au sport de haut niveau.  Une vraie passion.

Véritables crèmes « doudounes », les crèmes réparatrices visage, mains et pieds de la gamme Extrême Care que nous utiliserons lors du marathon sont produites à base de rhodiola de Sibérie.  C’est un arbuste feuillu composé de fleurs jaunes, très résistant, qui pousse principalement sur les sommets des falaises. Le rhodiola est renommé pour ses propriétés adaptogènes, d´ailleurs les Vikings l´utilisaient pour augmenter leur force et endurance.  L’extrait de rhodiola Arctique favorise les mécanismes de réparation et regénération de l’ADN. Son action anti radicalaire en fait un allié idéal pour lutter contre les agressions extérieures.

Le baume à lèvres est produit à base d’extraits de baies sauvages de Laponie.  Framboises, airelles et mûres d´Arctique, ces baies poussent dans un climat extrême du Grand Nord et sont donc sont fortement concentrées en acides gras essentiels, dont les Omégas 3 et 6.

Nous vous invitons vivement à parcourir le site internet de Polaar afin de découvrir les autres gammes de soin de la marque : http://www.polaar.com/index.php?subSection=home.

*Vagabond, c’est le voilier qu’Eric Brossier a acquis en 1999. Eric et sa famille hivernent actuellement à bord de Vagabond au Nord du Nunavut à Grise Fiord. Voir notre entretien avec les équipiers de Vagabond.  

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Entretien avec Olivier Pitras – Navigateur Polaire


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« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! ». Olivier Pitras est un homme libre, porté par sa passion pour la voile. 

Il quitte la France à 23 ans pour sillonner les mers du globe.

A 30 ans, au cours d’une expédition en Terre de Feu, il prend conscience que les étendues et les déserts glacés sont les paysages qui l’inspirent le plus.

Sa passion conjuguée de la mer, de la montagne et des espaces vierges le conduit alors naturellement vers les régions polaires.

Il est le premier skipper français à avoir franchi, en 1999, le Passage du Nord-Ouest à la voile.

À l’occasion de la quatrième année polaire internationale, il effectue en 2008-2009 le tour de l’Amérique du Nord à la voile en traversant à nouveau le mythique Passage du Nord-Ouest. Ce périple de 21 687 milles nautiques (40 164 kilomètres) à bord d’Ocean Search a vu, en 21 étapes, se succéder une centaine d’équipiers qui, outre la navigation, se sont livrés à plus de cent interviews de spécialistes de la question du changement climatique.

En septembre 2011, il monte l’expédition North East Greenland n° B-10-11 pour pénétrer dans une zone où certains endroits ne sont même pas hydrographiés.

Tour à tour en Patagonie, Terre de Feu, Alaska, Canada, Sibérie, Groenland, il a désormais son port d’attache au nord du cercle polaire, à Tromsø, en Norvège.  C’est de là qu’il part chaque année, sept mois durant, pour le Cap Nord, les îles Lofoten, le Spitzberg et le Groenland à bord de son voilier Southern Star, un sloop en aluminium de 24 mètres.  

Rencontre avec un citoyen du monde, un homme de défis, un marin accompli, passionné, curieux et généreux, rencontre avec Olivier Pitras.

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Comment vous est venue votre passion pour les régions polaires ?

C’est très difficile de répondre à cette question.

Je suis passionné depuis longtemps par la mer, par la montagne, par les voyages et par la vie à bord d’un voilier.  On retrouve tous ces éléments lorsqu’on vit dans les régions polaires.

J’ai quitté la France à 23 ans après avoir obtenu mes diplômes d’éducateur sportif et de guide en haute mer.  J’étais alors passionné de voile et de voyages et je rêvais de vivre dans un voilier.  Je devais vérifier sur le terrain si j’étais vraiment bien sur l’eau et si mon rêve de vivre sur l’eau pouvait devenir réalité.  J’ai navigué le long des côtes de l’Amérique du Sud.  Je m’étais lancé le défi de passer le Cap Horn sur mon propre bateau avant 30 ans.  Et j’ai réussi.

C’est à cette époque-là que j’ai découvert les glaciers.  J’ai vécu en Patagonie pendant deux ans.  Ce fut une révélation.  J’ai alors pris conscience que les paysages de glace m’inspiraient beaucoup.  Mais je ne saurai pas dire pourquoi ces paysages m’attirent plus que d’autres.  Je n’ai ensuite plus quitté ces régions glacées.  Je suis parti vivre et naviguer pendant huit ans en Alaska.  Et cela fait quatorze ans que je suis basé à Tromsø et que je navigue le long des côtes du Spitzberg, de la Norvège, du Groenland.

J’ai réalisé plus tard que je devais aussi cette passion pour les régions polaires à l’un de mes anciens professeurs qui m’enseignait la navigation lorsque j’avais 18 ans.  Il avait déjà hiverné en Arctique dans des vieux gréements en bois.  En effet, à cette époque, on ne faisait pas confiance à l’acier pour les expéditions dans les milieux polaires !

Quels souvenirs gardez-vous de votre première traversée du Passage du Nord-Ouest de juillet à octobre 1999 ?

A cette époque-là, je voulais franchir le Passage du Nord-Est.  C’est lorsque j’étais en Patagonie que je me suis lancé le défi de franchir un Passage.  Je pensais alors au Nord-Est.  Le Nord-Est, contrairement au Nord-Ouest, n’avait jamais été franchi par un voilier.  Je voulais faire une première afin d’intéresser davantage les sponsors.

J’avais loué un voilier, Ocean Search, pour 1 dollar  symbolique !  Il appartenait à des personnes âgées issues du Pays de Galles qui avaient immigré à l’Est des Rocheuses canadiennes.  Ils faisaient de l’élevage.  Leur rêve était de naviguer, mais ils habitaient loin de la mer.  A 70 ans, ils ont décidé de vivre leur rêve.  Ils ont fait construire un bateau, Ocean Search, en Afrique du Sud, qu’ils ont ramené en Colombie britannique.  Je les ai rencontrés en Alaska.  Ils avaient la flamme de la passion dans les yeux.  Ces gens étaient exceptionnels.  Le vieil homme était condamné et m’a dit : “J’ai fait ce bateau pour l’Arctique. Je ne pourrai pas l’utiliser. Vas y, utilises-le, je te le prête.”  Grâce à cette rencontre, j’ai pu avoir un bateau alors que je n’avais pas de sponsors.

J’ai préparé l’expédition pendant deux années.  Je devais me préparer à naviguer au cœur du pack.  C’est beaucoup moins compliqué aujourd’hui, car il y a moins de glace.  Il ne serait pas nécessaire pour un navigateur aujourd’hui de se préparer autant que j’ai pu le faire.  Lorsque j’étais en Alaska, je sortais en pleine nuit sur les glaciers maritimes avec le bateau afin d’habituer ma vue à faire la différence entre les écumes et les morceaux de glace, car je savais qu’en fin de Passage, il ferait nuit.  Les gens me prenaient pour un fou.

Il y a eu beaucoup de rebondissements avant cette traversée.  A l’origine, nous devions être quatre.  Nous n’étions au final plus que deux.  Fin juin 1999, nous avons quitté la Colombie britannique où était amarré Ocean Search et avons navigué jusqu’en Russie.  Après trois semaines d’attente, nous comprenons que nous ne parviendrons pas à obtenir les autorisations administratives russes pour naviguer dans le Nord Sibérien.  Les russes nous proposaient d’hiverner !  Or, nous avions envie d’en découdre.  J’ai alors décidé de changer d’itinéraire : ce sera le Passage du Nord-Ouest.  Comme nous étions à Bering, c’était facile de changer d’itinéraire à la dernière minute ! Nous avons traversé le détroit de Béring sous de forts vents contraires.  Comme je n’avais jamais navigué dans les glaces, j’ai appris quasiment tout sur le terrain au fur et à mesure de la traversée.  La progression à travers le pack qui craque n’était pas évidente et menaçait à tout moment de broyer le navire.  Les hauts fonds ont fait échouer le navire à deux reprises.  Les manœuvres étaient extrêmement délicates à travers les blocs de glace et le moindre retard aurait pu entraîner un hivernage forcé.

J’étais très content d’avoir accompli cette traversée.  Sportivement, et sur le plan de la navigation pure, j’étais comblé, car cette traversée est plus difficile techniquement que le Passage du Nord-Est.  Le Passage du Nord-Est m’aurait par contre davantage servi pour me faire connaître de sponsors potentiels et pour lancer ma carrière.

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Avez-vous déjà navigué le long des côtes de l’Antarctique ?

Non.  Ce serait compliqué avec le même voilier.  Je pourrais tout à fait naviguer jusqu’aux côtes de l’Antarctique, mais cela nécessiterait que je sois sur l’eau toute l’année.  Or, j’ai un point d’attache à Tromsø où je vis avec ma compagne.

J’ai déjà traversé le Drake lorsque j’étais en Patagonie.  Malheureusement, mon coéquipier étant souffrant, nous n’avons pas pu aller jusqu’à la Péninsule.  Nous nous sommes arrêtés à l’île de la Déception.

Si je devais monter un projet en Antarctique, ce serait pour découvrir l’intérieur des terres.  C’est un continent qui se prête davantage à l’exploration terrestre que maritime.

Il y a un peu plus d’un an, j’ai travaillé pour un cabinet d’architecture navale, Van Peteghem Lauriot Prevost, à la conception de véhicules terrestres hybrides pour ravitailler les bases scientifiques en Antarctique afin de proposer une alternative aux Caterpillars et dameuses qui sont très pollueurs, comme ceux qui sont utilisés entre les bases Dumont d’Urville et Concordia.

Quelle est l’expédition qui vous a le plus marqué ?

Sans hésitation, sur le plan personnel et sportif, le Passage du Nord-Ouest en 1999.  Je me suis rendu compte que l’homme peut vraiment repousser ses limites très loin.

J’ai particulièrement apprécié aussi le tour de l’Amérique du Nord en 2008-2009 durant lequel j’ai à nouveau franchi le Passage du Nord-Ouest.  Cette expédition était très riche sur le plan humain.  Plus de cent équipiers se sont relayés sur le voilier.  Nous avons rencontré de nombreux scientifiques et des personnes qui vivent en Arctique.  L’objectif était de mener une enquête de terrain sur le changement climatique.  La pertinence des thèmes abordés a été validée par un comité de scientifiques que nous avions monté.  Nous n’avions pas de sponsors financiers afin d’être indépendant quant à notre ligne éditoriale.  Nous avons ainsi donné la parole à des peuples qui généralement ne l’ont pas afin de donner une autre image du changement climatique que celle que l’on veut bien nous montrer en France.  Par exemple, des Groenlandais nous ont indiqué qu’ils préfèreraient qu’il y ait moins de glace car cela permet aux plantes de pousser dans les fjords.  Nous étions donc loin de ce qu’on entend habituellement sur les grands médias.  C’était extrêmement enrichissant.  Les gens ont donné beaucoup de leur temps pour ce projet.

Southern Star

Quels sont les changements dont vous avez été témoin en Arctique au cours des vingt dernières années ?

C’est la première région touchée par les changements climatiques.

En Norvège, par exemple, on peut constater des entrées d’air maritime plus fréquentes, des vents du Sud et des montées de températures au-dessus de 0°C en plein hiver.  Aujourd’hui, il fait 5°- 6° C !  C’est incroyable.  C’était extrêmement rare quand je suis arrivé en Norvège il y a quatorze ans.

J’ai pu constater aussi à quel point la banquise a fondu ces dernières années.  Quand j’ai commencé à naviguer le long des côtes du Spitzberg, nous n’étions jamais sûrs de pouvoir atteindre la côte Nord, alors que désormais elle est parfois libre de glace en plein hiver.  Et il n’y a plus de banquise durant l’été à l’exception de la côte Sud-Est.

La fonte de la banquise n’est pas si problématique pour l’ours blanc contrairement à ce qu’on peut entendre fréquemment.  C’est la thèse de nombreux scientifiques et spécialistes de l’ours blanc.  Les glaces pluriannuelles ont toujours été des zones où ni les phoques ni les ours ne vivent car le phoque ne peut entretenir son puits de respiration sur les vieilles glaces.  De ce fait, les vieilles glaces ayant disparu, l’habitat du phoque augmente, et ceci au profit de l’ours.  Certes, les ours ont plus de facilités à chasser les phoques sur la glace mais ils peuvent tout à fait le faire depuis les plages. Ils doivent seulement changer leurs habitudes, s’adapter à un environnement en perpétuelle évolution. Par ailleurs, on a déjà prouvé que les ours polaires ont survécu à deux changements climatiques avec disparition des banquises pérennes durant l’été.

Par contre, ce qui tue les ours, ce sont les métaux lourds et la pollution dont nous sommes responsables.

Les changements climatiques sont certes en partie le fait de l’homme mais il ne faut pas oublier qu’on vit une phase de réchauffement.  C’est naturel.  On a tendance parfois à l’oublier.

La fonte de la banquise conduit à une ouverture de l’Arctique, et je trouve que cela est plutôt positif.  Des routes nouvelles apparaissent chaque année.  A mon sens, l’ouverture du trafic maritime en Arctique ne se fera pas par les passages traditionnels, mais directement par le pôle Nord, avec appui logistique depuis le Spitzberg et une desserte vers les ports de destination : Amérique et Europe.  Ceci évitera des conflits d’intérêt entre les différents pays limitrophes de l’Arctique.

Je ne vois pas pourquoi faire de l’Arctique un sanctuaire, à l’exception peut-être du Spitzberg ou de l’archipel François-Joseph.  Il faut accepter l’ouverture de l’Arctique.  Par contre, il est primordial d’éviter les erreurs environnementales qu’on a pu faire dans le passé.  Il faudra que les pays mettent les moyens pour éviter la pollution liée à l’extraction des ressources en Arctique et au transport maritime. Il faudrait aussi, qu’à l’exemple de l’Antarctique, on interdise le fuel lourd pour la propulsion des bateaux.  Je suis confiant.  Le Conseil de l’Arctique prend de plus en plus d’importance et s’occupe très sérieusement de ces sujets.

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Quels sont vos projets ?

En 2013, je naviguerai le long du Parc National du Nord-Est du Groenland.  Ce sera une réplique de l’expédition que j’ai faite en 2011.

Un équipier m’a offert, récemment, un récit en norvégien de la 2ème expédition du Fram menée par Otto Sverdrup*.  En 2014, Southern Star s’engagera dans le sillage de la 2ème expédition du Fram, par l’Islande, l’Ouest du Groenland, le nord de la Baie de Baffin, l’archipel canadien, les îles Ellesmere, Devon et Thulé.

Je suis passé deux fois au nord de la Baie de Baffin, en 1999 et 2008, et chaque fois, l’envie de pousser plus au nord, au-delà du 74°N, me démangeait énormément.

Southern Star appareillera de Tromsø à la fin du mois de mai pour quatre mois d’expédition et 9000 milles nautiques.  Quatre mois d’aventure pour essayer d’approcher au plus près les quatre ports d’hivernage de la 2ème expédition du Fram, dont Grise Fiord, où se trouvent actuellement France Pinczon du Sel et Eric Brossier.  J’espère voir notamment le loup Arctique lors de cette expédition.

J’ai un autre projet dont la presse fera l’écho dans quelques jours.  J’ai, au fil des ans, acquis l’intime conviction, à force de côtoyer les banquises et de suivre l’état des glaces en Arctique, que le moment est venu d’y naviguer sur des bateaux de courses océaniques multicoques ou monocoques sans que la prise de risque soit supérieure à celle rencontrée dans les mers Australes par exemple lors du Vendée Globe, du Trophée Jules Verne, ou de la Volvo Ocean Race.

Je travaille depuis plusieurs mois à l’organisation d’une course à la voile sans escale et sans assistance sur l’océan glacial Arctique sur le même modèle que le Trophée Jules Verne.  Ce défi d’envergure sera récompensé par un trophée unique qui sera remis au vainqueur à l’arrivée.  Le détenteur du Trophée le conservera jusqu’à ce que son record soit amélioré par un autre.

Ce serait un bel hommage rendu à Nansen, premier homme à avoir dérivé avec son équipage à travers l’océan glacial Arctique à bord du Fram, si ce trophée s’appelait le « Trophée Nansen ».

Le départ sera donné sur la ligne déjà mythique Cap Lizard – Ouessant.  Les premiers marins qui relèveront le défi, s’engageront sur les passages traditionnels, le Passage du Nord-Ouest et le Passage du Nord-Est, la banquise ne permettant pas encore de couper par le centre de l’océan glacial Arctique.  La diminution des banquises dérivantes ouvrira progressivement de nombreuses variantes de parcours pour les bateaux engagés dans le Trophée Nansen.  Les voiliers s’engageront dans des voies nouvelles et vierges jusqu’à la disparition complète des banquises pérennes.  Le challenge deviendra alors une course en aller-retour en plein coeur de l’océan glacial Arctique avec une obligation de virer à Béring pour que la course reste internationale.

Le Trophée Nansen a pour ambition de devenir un challenge et un événement incontournable dans le circuit des records transocéaniques.

* De 1898 à 1902, le norvégien Otto Sverdrup et 15 membres d’équipage, à bord du Fram, reconnaissent et cartographient 260000 km2 de l’archipel canadien.  Quatre années de travail acharné pour dévoiler avec succès l’un des derniers pans de l’exploration géographique.  A partir de quatre ports d’hivernage, situés sur la côte sud et ouest de l’île Ellesmere, Sverdrup et ses hommes lancent des expéditions en traineaux à chiens dans les immensités vierges et extrêmes du grand nord canadien pour mener leurs travaux d’exploration. Les îles Axel Heiberg, Amund Ringnes et Ellef Ringnes en témoignent ainsi que les nombreux noms de baies, fjords ou pointes de la région.

Si vous aimez la voile et que vous êtes attirés par les régions polaires, Olivier sera heureux de vous accueillir à bord de Southern Star pour une ou plusieurs étapes de ses futures expéditions, notamment au Nord-Est du Groenland en 2013 ou à l’Ouest du Groenland en 2014.  Pour plus d’informations, nous vous invitons à parcourir son site internet : http://www.69nord.com/.    

Entretien avec..., Régions polaires

Entretien avec les équipiers de Vagabond – Citoyens de l’Arctique


Pas de commentaire

Voilà plusieurs années qu’ils suscitent notre admiration et que nous nous passionnons pour leurs expéditions en Arctique.  

Ils sont les premiers à avoir forcé les glaces du Passage du Nord-Est, en 2002, à bord d’un voilier. 

Depuis une décennie, France Pinczon du Sel et Eric Brossier  vivent au rythme de la banquise Arctique à bord de Vagabond, tantôt sillonnant les mers du pôle tantôt prisonnier des glaces 10 mois durant.  

Vagabond est un voilier d’expédition conçu pour naviguer dans les glaces.  Depuis 1999, il est un support logistique unique en son genre, un camp de base itinérant pour scientifiques, sportifs ou artistes, passionnés par les régions polaires. 

Retour sur l’histoire de Vagabond et de ses quatre équipiers, France, Eric et leurs filles Léonie et Aurore.

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Dans les années 1990, alors qu’il est prospecteur géophysicien et ingénieur en génie océanique, Eric commence à s’intéresser aux régions polaires.  En 1999, il se lance à la recherche d’un voilier capable d’emmener des scientifiques et des aventuriers dans les régions les plus reculées de l’Arctique, à la rencontre de montagnes et de fjords inconnus, de villages isolés : ce sera Vagabond.  

Il rencontre France au Salon Nautique de Paris en décembre 1999.  France est spécialiste en design naval, passionnée par l’aquarelle, et navigatrice.

Après deux premières expéditions réussies en 2000 et 2001 sur la côte Est du Groenland dans la région de Tasiilaq, ils accomplissent le tour de l’Arctique du 12 mai 2002 au 13 octobre 2003 via les Passages du Nord-Est et du Nord-Ouest.  L’enchaînement de ces deux passages mythiques, chacun franchi sans hivernage, sans l’aide d’un brise-glace, est une première dans l’histoire de la navigation.

L’aventure à bord de Vagabond ne s’arrête pas là.  De 2004 à 2009, le voilier s’est laissé prendre dans les glaces pendant cinq hivers consécutifs sur la côte Est du Spitzberg dans le Storfjord afin de permettre notamment la réalisation de mesures scientifiques pour plusieurs programmes internationaux sur le climat, la banquise et les courants, notamment le programme Damocles.

En septembre 2010, Borge Ousland (1) demande à Eric de faire partie de son équipage à bord de The Northern Passage, de Cambridge Bay à Pond Inlet, la partie la plus délicate du Passage du Nord-Ouest.  Le trimaran accomplit le tour de l’Arctique en voilier en une seule saison.  L’exploit est inédit.

Depuis 2011, France et Eric alternent navigations et hivernages le long de la côte Ouest du Groenland et du Nunavut au Canada.

Entretien avec des aventuriers hors du commun, en direct de Grise Fiord sur l’île d’Ellesmere, où ils ont jeté l’ancre pour l’hiver 2012-2013 – le village le plus au Nord du Nunavut et un des endroits les plus froids de la planète.

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Comment est née votre passion pour les régions polaires ?

De 1993 à 1995, j’étais responsable de l’observatoire de Magnétisme et de Sismologie des Iles Kerguelen, dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises, pour l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg.  C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser à ces régions et qu’est née mon envie d’acquérir un voilier qui serait le support logistique d’expéditions polaires.  Notamment lorsque je suis monté à bord de La Curieuse, un chalutier aménagé pour le travail des scientifiques en hivernage.

J’ai ensuite acquis Vagabond en 1999. Au départ, nous nous sentions bien dans ces régions, puis notre intérêt pour l’Arctique est devenu de plus en plus fort, au fur et à mesure de nos expéditions, de notre familiarisation à notre activité, à l’environnement polaire.  La magie du Grand Nord opérait.  Nous comprenions alors la puissance de son pouvoir de séduction.  Une fois que le concept de support logistique dans les régions polaires fut validé, nous avons eu de plus en plus de possibilités, d’opportunités et de sollicitations.  Nous avons vécu de plus en plus d’expériences.  Au point de prendre vraiment goût à notre mode de vie, à l’Arctique, aux cultures que l’on y côtoie.

Pourquoi vouliez-vous franchir le Passage du Nord-Est en 2002 ? Etait-ce un défi sportif ?

Nous n’avions pas pour objectif de faire une première.  Lorsque nous avons décidé de franchir le Passage du Nord-Est, je n’avais pas perçu ce que cela représentait, ni toutes les difficultés de la tâche ni l’ampleur du défi que nous nous lancions.

A cette époque, nous venions de terminer deux navigations le long de la côte Est du Groenland de juin à octobre 2000 puis de juin à octobre 2001, durant lesquelles nous avons travaillé pour l’Institut polaire français Paul Emile Victor et assuré la logistique d’expéditions d’alpinisme et de kayak de mer.  Nous venions de valider notre projet de faire de Vagabond une base itinérante pour des expéditions polaires.  C’était vraiment notre idée initiale.  Nous ne pensions pas du tout, à ce moment-là, que nous pourrions être les auteurs d’un exploit polaire inédit.

Je souhaitais également retourner au Japon où je suis né.  C’est ce qui m’a guidé vers le Passage du Nord-Est.  J’y pensais avant même de connaître Vagabond. C’était tout simplement la route la plus courte et l’occasion de parcourir la moitié la moins connue de l’Arctique.

Nous avons sauté le pas en 2002.  Forts de nos deux expéditions au Groenland, nous commencions à bien connaître Vagabond.  Nous étions prêts pour le Passage du Nord-Est.

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Quel hivernage avez-vous préféré ?

Nous avons hiverné de nombreuses fois : au Kamtchaka en 2003 entre les deux Passages, dans la baie d’Inglefield au Spitzberg de 2004 à 2009, dans le fjord du Cap Sud de l’île d’Ellesmere à une cinquantaine de kilomètres de Grise Fiord en 2011-2012 et à Grise Fiord cette année.  Tous ces hivernages ont été très différents.  Même les cinq hivernages au Spitzberg n’étaient pas identiques !

A Grise Fiord, on est en contact permanent avec la population comme c’était le cas en Russie en 2003.  Ceci étant, nous hivernions près d’une ville au Kamtchaka alors qu’ici, Grise Fiord abrite une petite communauté de 140 Inuits.

Nous sommes nostalgiques de la pleine nature.  Cependant, il y a d’autres avantages à notre hivernage au cœur de Grise Fiord.  Léonie peut ainsi aller à l’école.  Et nous faisons beaucoup de rencontres.  Nous avons créé des contacts rapidement et même des liens d’amitié. Lorsque nous étions à cinquante kilomètres du village l’année dernière, nous avions aussi des visites de temps en temps et participions déjà aux événements comme les fêtes de Noël ou les compétitions de pêche.

Les populations isolées en Arctique connaissent un quotidien si différent du nôtre qu’il faut du temps pour l’apprécier.  Ils ont un regard sur l’Arctique très différent du nôtre, même si nous avons passé plus de douze ans dans ces régions.  Cet hivernage nous permet de connaître un peu mieux ces populations.

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Préférez-vous les périodes d’hivernage ou de navigation ?

Nous aimons bien les deux.  Les saisons sont très marquées.  Ce que nous apprécions l’hiver, c’est que le bateau devient notre maison.  Nous pouvons consacrer tout notre temps aux manipulations scientifiques pour lesquelles nous nous sommes engagées, aux amis, à la famille, à la nature.  L’été, la navigation vient s’ajouter aux travaux scientifiques. La navigation requiert beaucoup de temps et d’attention ce qui nous laisse moins de temps pour les autres activités.  Parfois, on se dit : « vivement l’hiver ».   Et pourtant, l’été ne dure que deux mois !  La débâcle n’a lieu qu’en juillet.  Nous retrouvons l’eau libre que mi-juillet.

Quand recevez-vous des visiteurs à bord de Vagabond ?

Les scientifiques ne viennent généralement pas pendant la nuit polaire. Nous sommes généralement coupés du monde d’octobre à décembre/janvier car c’est la période pendant laquelle la banquise se forme, les déplacements sont difficiles.  Les scientifiques arrivent mi-février jusqu’au mois de mai au plus tard.  Le reste du temps, nous sommes seuls et les scientifiques nous confient des manipulations et observations à effectuer.

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Revenez-vous parfois en France ?

Oui, nous rentrons généralement d’octobre à décembre.  Nous sommes rentrés en France d’octobre à décembre dernier, par exemple.  Nous devrions rentrer à nouveau au mois d’octobre cette année.

Durant notre hivernage au Spitzberg, nous sommes rentrés en France pendant quatre automnes consécutifs.

Lorsque nous rentrons en France, nous confions le voilier à d’autres personnes motivées pour nous remplacer.  Cette année, nous l’avions confié à un Inuit du village de Grise Fiord.  C’était assez simple pour lui car nous sommes à terre cette année, nous ne sommes pas pris dans les glaces.  Son rôle consistait principalement à maintenir le chauffage afin que tout ne gèle pas à l’intérieur du bateau.  Je pense naturellement toujours au bateau lorsque je suis en France.

Comment faites-vous lorsque le voilier doit être réparé ?

Lorsque nous étions au Spitzberg, on faisait une révision complète du voilier pendant trois semaines chaque année à la base scientifique de Ny-Alesund.

En 2011, le voilier était en France, en gros chantier.

Le reste du temps, on effectue les petites réparations, l’entretien courant, du type peintures, etc., en juin car les températures sont positives, le bateau est sec, il n’y a plus de neige, la banquise finit de se fracturer et on ne navigue pas encore.

Vous avez vu des milliers d’ours.  Les ours blancs sont-ils réellement dangereux pour l’homme ?

Il y a autant de comportements que d’individus.

Ils se nourrissent de phoques et ne sont donc pas attirés par les hommes.  Ceci étant, il est possible de rencontrer certains ours, souvent les plus jeunes, qui peuvent être de mauvais chasseurs ou qui vont être plus curieux, plus téméraires.

Ils n’ont pas de prédateurs donc ils n’ont peur de rien.  Ils peuvent donner un coup de patte par surprise ou par simple curiosité.  Cela ne veut pas dire qu’ils vont nous agresser.  Mais ils ont une telle force qu’il vaut mieux éviter le contact physique avec eux.  Un seul coup de patte d’un animal de 700 kilos peut être mortel pour nous.  Il ne faut surtout pas laisser les ours nous approcher de trop près.  C’est plus leur curiosité qui est dangereuse que leur besoin de se nourrir.

En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais été attaqués.  Une ou deux fois, des ours ont couru vers nous, par curiosité. Et un de nos chiens a été tué par un ours.

Lorsque je fais des manipulations scientifiques, je regarde toujours autour de moi.  Je suis généralement seul.  Les chiens ne viennent pas avec moi pour les longues manipulations.  Il faut être très vigilant.

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Où passerez-vous l’été 2013 ?

Nous naviguerons sur la côte Ouest du Groenland.  Nous naviguons généralement dans des eaux proches du lieu d’hivernage, sauf en 2005, où nous avons navigué avec des scientifiques le long de la côte Est du Groenland alors que nous hivernions au Spitzberg.

Et quel sera le lieu du prochain hivernage ?

Nous allons essayer de trouver un compromis par rapport à cet hiver.  Même si nous aimons être isolés, nous chercherons à nouveau un lieu d’hivernage près d’un village pour que Léonie puisse aller à l’école.  Ce sera soit Grise Fiord soit un village Groenlandais.  Ceci étant, nous essayerons d’être un peu plus loin du village que cette année.

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Auriez-vous envie de naviguer en Antarctique ?

Cela ne nous déplairait pas.  Il nous faudrait un projet pour y aller. Nous avons déjà eu quelques pistes mais rien ne s’est concrétisé.

Nous y sommes déjà allés avant de nous connaître.  En 1997, France a navigué depuis le Havre jusqu’à la péninsule Antarctique.  Elle est partie avec des alpinistes.  Pour ma part, j’ai passé l’année 1994 dans les Iles Kerguelen dans le cadre de mon activité professionnelle.

Nous apprécions particulièrement le fait de pouvoir échanger avec la population lors de nos navigations ou hivernages, et cela nous manquerait certainement en Antarctique.

Quel est votre modèle d’explorateur ?

Fridtjof Nansen (2).  Il a su fédérer des groupes pendant plusieurs hivernages dans des conditions incroyables.  J’aime bien l’esprit de ce qu’il a entrepris.  Il est persévérant.  Il a fait de nombreuses observations utiles à la science. Il n’a pas exploré les régions polaires uniquement pour repousser les limites du corps, pour le challenge sportif, comme d’autres aventuriers ont pu le faire.  Ses expéditions avaient aussi pour objectif de faire avancer la science, et c’est ce qui me touche plus particulièrement.

La vie de France et Eric est si riche, leurs expériences si variées, qu’il est difficile de résumer leurs aventures en quelques mots sur cette page.  Pour en savoir plus, nous vous invitons à les suivre sur leur site internet : http://vagabond.fr/index.fr ou à visionner le dernier documentaire diffusé au sujet de leur hivernage 2011-2012, Sur le grand océan blanc.

La « Mission Arctique 2011-2014 » actuellement menée par France et Eric à bord de Vagabond est soutenue par la FEP :
http://www.proprete-services-associes.com/

(1) Explorateur polaire norvégien.  Le 23 mars 2006, Børge Ousland et Mike Horn sont les premières personnes à atteindre le Pôle Nord pendant la nuit polaire.  

(2) Fridtjof Nansen est un explorateur polaire, scientifique, homme d’Etat, diplomate norvégien.  En 1888, il achève la première traversée du Groenland à ski.  Entre 1893 et 1896, il mène l’expédition Fram dans l’océan Arctique à bord du navire Fram. Nansen et son équipage ont tenté d’atteindre le pôle Nord en utilisant la dérive de la banquise créée par le courant marin de l’océan Arctique. Après deux hivernages et de longs mois d’une dérive erratique, le navire s’est rapproché du pôle, mais pas assez rapidement au goût de Nansen. Il décide alors de se lancer à la conquête du pôle Nord en traîneau à chien et à ski, en compagnie de Hjalmar Johansen. En mars 1895, ils quittent le navire qui est laissé sous le commandement d’Otto Sverdrup. Nansen et Johansen n’atteignent pas le pôle mais réussissent à se porter jusqu’à une latitude de 86° 13′ 6″ N, le point le plus au nord jamais atteint jusqu’alors.

Entretien avec...

Entretien avec Pascal Pich – Ultra Iron Man


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Certains athlètes parviennent à dépasser certaines limites que nous n’avions même pas osé imaginer.  Les ultra-triathlètes font partie de ceux-là. 

L’ultra-triathlon, c’est un triathlon qui se pratique sur de longues distances multiples de celles de l’Ironman (pour rappel, un Ironman, c’est 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,195 kilomètres de course à pied).  Une épreuve d’ultra, c’est un Ironman multiplié par deux, trois, quatre, cinq ou dix, et même, depuis peu, par quinze ou vingt ! 

La discipline est peu connue.  La Fédération internationale d’ultra-triathlon compte seulement 222 licenciés au monde.

A quoi pense t’on lorsqu’on participe à une épreuve de déca-Ironman et que l’on nage 38 kilomètres dans un bassin de 50 mètres, que l’on roule 1800 kilomètres sur une piste de 1800 mètres et que l’on court 422 kilomètres sur la même piste de 1800 mètres ?  Le record du monde sur la distance : 8 jours, 8 minutes et 26 secondes d’effort non-stop. 

C’est l’une des questions que nous avons posée à Pascal Pich, quintuple champion du monde, champion d’Europe et détenteur de neuf records du monde dans la discipline.  

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Pascal Pich, 48 ans, est ultra-triathlète professionnel depuis 2003.

Après avoir fait le tour des quelques compétitions d’ultra organisées par la Fédération, il a décidé depuis quatre ans de se lancer des défis sur-mesure.  Par exemple, l’X’TREM Tour en 2011, soit un tour de France en 24 étapes et 26 jours où il a parcouru lors de chaque étape 2,5 kilomètres à la nage, 140 à 240 kilomètres à vélo et 21 kilomètres à pied.  Fort de son expérience, il a décidé d’inscrire l’X’TREM Tour au calendrier officiel des compétitions d’ultra-triathlon.  La première édition devrait avoir lieu en 2014.  Quelques athlètes se sont déjà dits très intéressés par le concept et sont prêts à prendre le départ de cette nouvelle épreuve.     

Au programme pour 2013 : l’Ironman Around The World, soit un double-Ironman et un déca-Ironman sur chacun des cinq continents, soit soixante Ironman en une année ! Pour mesurer la complexité de la tâche, il faut savoir que sur les 200 athlètes au monde qui ont déjà participé à un déca-Ironman, seuls 30 athlètes ont participé à deux déca-Ironman et aucun à ce jour n’a terminé deux déca-Ironman durant la même année.

Entretien avec un triathlète de l’extrême, entretien avec Pascal Pich.

Comment vous est venue la passion pour l’ultra-triathlon ?

En 1987, j’ai vu par hasard un reportage sur l’Ironman d’Hawaï.  Je me suis dit que ce sport de fous n’était absolument pas fait pour moi.  J’étais très sportif.  Je pratiquais alors le judo à haut niveau.

Puis, j’ai quand même essayé et j’ai couru mon premier triathlon la même année.  Je n’étais pas correctement préparé.  J’ai fini l’épreuve avec beaucoup de courbatures.  J’ai participé au même triathlon l’année suivante après m’être bien préparé cette fois.  J’ai enchaîné avec un triathlon DO puis un triathlon MD.  J’ai pris goût aux trois disciplines – natation, vélo et course à pied – mais je m’ennuyais fermement sur les formats courte distance et moyenne distance.

A peine un an après mon premier triathlon, je m’inscrivais à l’Embrunman puis à l’Ironman de Nice.  J’étais toujours frais en fin de course.  Je sentais que je pouvais donner encore davantage.

En 1990, j’apprends qu’un français a battu le record du monde de la distance parcourue en 24 heures.  Je voulais faire encore mieux.  La même année, je me suis lancé un défi pour le Téléthon : nager pendant 10 heures, rouler pendant 10 heures et courir pendant 10 heures.  On me disait : « tu es givré, tu n’y arriveras pas ».  Plus on me dit cela, et plus j’ai envie de relever le challenge.  Et j’ai réussi.  L’année d’après, en 1991, j’ai participé à six Ironman pour le Téléthon.  Puis, je me suis inscrit à un premier ultra.  J’avais attrapé le virus.  J’ai participé à mon premier déca en 2000, à Monterrey, au Mexique.

En 2003, je suis devenu triathlète professionnel.

J’ai pris la présidence de la Fédération Internationale d’Ultra-Triathlon en 2004 jusqu’en 2008.

J’ai participé à de nombreuses compétitions d’ultra pendant plus de dix ans.  Mais il n’y a pas beaucoup de compétitions officielles.  C’est difficile de varier les plaisirs.  D’autant plus que les déca-Ironman sont organisés dans des bassins de 50 mètres et sur des pistes de 1800 mètres ! Tourner en rond, c’est vraiment une galère.  J’avais envie de voir du paysage.  Je trouve plus sympa de nager, rouler et courir en pleine nature.  J’ai donc décidé en 2009 de me lancer des défis personnels, sur-mesure.

Je m’efforce de faire connaître la discipline.  C’est très difficile.  C’est une discipline qui a encore du mal à se faire accepter car, pour beaucoup de personnes, les ultra-triathlètes vont trop loin et repoussent les limites au-delà du concevable.  Cela fait plusieurs années que j’aimerais organiser une compétition officielle en France, sous la forme d’un Tour de France de triathlon.  A priori, ce devrait être possible en 2014 avec l’X’TREM Tour.

Pascal Pich

Combien d’Ironman avez-vous terminé ?

Si on compte les Ironman contenus dans les ultras, j’ai dû en terminer une centaine !  Le seul Ironman que je n’ai pas fait est l’Ironman d’Hawaï ! Je vais m’y attaquer un jour car cet Ironman est mythique.

Il existe actuellement deux types de déca-Ironman : 38 kilomètres de natation, 1800 kilomètres de vélo et 422 kilomètres de course à pied non-stop ou bien un Ironman par jour pendant 10 jours consécutifs.  Quel format préférez-vous ?

Pendant longtemps, seul le premier format a existé.  Je n’ai connu que celui-là en compétition.  Le deuxième format a été créé au Mexique il y a deux ans.  Le concept a plus aux athlètes et s’est généralisé.  C’est un format plus facile car il permet de récupérer véritablement tous les soirs après l’épreuve d’Ironman.  Ce sera le principe de l’X’Trem Tour qui sera organisé en 2014 : des étapes journalières avec des distances plus ou moins longues de natation, vélo et course à pied à parcourir entrecoupées de nuits complètes pour récupérer.

Pascal Pich Bike

A quoi pensez-vous pendant une compétition de déca-Ironman lorsque vous devez nager 38 kilomètres dans un bassin olympique, rouler 1800 kilomètres et courir 422 kilomètres sur une piste de 1800 mètres ?

Il faut à tout prix déconnecter son cerveau sinon c’est impossible.  C’est véritablement celui qui a le mental le plus fort qui l’emporte.  Aujourd’hui, je préfère pratiquer l’ultra-triathlon en pleine nature.

Comment vous entraînez-vous pour une compétition d’ultra ou un défi tel que l’X’Trem Tour ou l’Ironman Around The World ?

Depuis 2003, je m’entraîne une vingtaine d’heures par semaine lorsque je prépare une compétition ou un défi personnel. C’est beaucoup moins qu’avant.  J’en faisais beaucoup trop. Or, le corps doit aussi se reposer.  Il a suffisamment de mémoire de sorte qu’il n’est pas nécessaire de lui imposer des volumes d’entraînement trop importants qui conduisent inexorablement à la blessure.  Je préfère insister sur la qualité et l’intensité de l’entraînement.  Lors d’une semaine chargée, je fais 15 à 20 kilomètres de natation, 500 kilomètres de vélo et 110 à 120 kilomètres de course à pied.  Parfois, avant une épreuve, j’essaye également de travailler sur des cycles de quatre semaines : une semaine à dominante natation (30 kilomètres), une semaine à dominante vélo (1000 kilomètres) et une semaine à dominante course à pied (200 kilomètres) puis je lève le pied la quatrième semaine en travaillant les trois disciplines avec la même intensité.

Comment vous entraînez-vous plus spécifiquement en course à pied ?

Je fais surtout du volume.  Je fais peu de fractionnés, je ne fais jamais plus d’une séance de piste par semaine.  Je fais des sorties longues, d’au maximum 3 heures.  Je suis par ailleurs entraîneur d’un club d’athlétisme.  Je cours aussi à cette occasion.

Pascal Pich Running

Vous êtes peu nombreux à pratiquer la discipline. Y a-t-il une bonne ambiance entre vous ?

Actuellement, une dizaine de français pratiquent l’ultra.  Les athlètes ont d’excellentes relations entre eux.  On s’entraide lors des compétitions.  Par exemple, si un athlète n’arrive pas à changer son pneu, un autre athlète l’aide.  Les ultra-triathlètes sont généralement assez humbles.  Il n’y a pas vraiment de favori dans ce sport, toutes les cartes sont redistribuées à chaque compétition.  C’est tellement difficile que n’importe quel athlète, même le meilleur, peut perdre une compétition.

Comment se déroule votre Ironman Around The World ?

J’ai commencé le 19 décembre 2012 par un double-Ironman en France de Aigues Mortes à la Plagne.  Il était particulièrement difficile. J’ai nagé dans une eau à 7°C.  Et j’ai souffert d’une déchirure musculaire au mollet tout au long des 84 kilomètres de course à pied.

J’espère pouvoir trouver les partenariats nécessaires à la réalisation des autres étapes de l’Ironman Around The World.  L’avantage, c’est que j’ai une année devant moi puisque je dois réaliser toutes les épreuves d’ici le 19 décembre 2013.  Ceci étant, plus je prends du retard, plus les temps de récupération seront courts entre chaque étape.

En principe, je devrais faire un double à Tahiti, un double aux Emirats Arabes Unis et un double en Equateur.  J’ai un point de chute dans chacun de ces pays.  Je devrais faire mon premier déca au Maroc au mois de mai.  Je devrais faire un déca en France à la fin du mois d’août.  J’envisage aussi de faire un déca en Australie en octobre.

Je suis assez confiant par rapport au défi sportif.  Même si je sais que réaliser cinq déca en une année est très difficile. Ce sera une première. Personne n’a jamais fait cela car c’est très éprouvant.  Le plus important est de ne pas se blesser, sinon tout est terminé.

Pascal Pich Swim

Etant donné les kilomètres que vous parcourez lors des ultra-triathlons, des trails comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc ou le Grand Raid de la Réunion doivent vous paraître faciles.   Que représentent ces courses pour vous ?

Je considère que ces courses sont difficiles et exigeantes.  Parmi les trois disciplines du tri, mon point faible est la course à pied, même si j’ai déjà couru le marathon en moins de 3 heures.  Un ultra-triathlète est doué pour enchaîner les trois disciplines sur de nombreuses heures mais ce n’est pas suffisant pour être bien classé sur une course comme l’UTMB ou la Diagonale des Fous.  Par ailleurs, je n’aime pas beaucoup le dénivelé car j’ai un gabarit assez lourd.  Ceci étant, il faudra que je participe à un de ces trails pour voir à quoi ça ressemble !! Mais, je crois que je serais davantage attiré par un trail comme le Marathon du Pôle Nord que par l’UTMB ou la Diagonale des Fous.

Pratiquez-vous d’autres sports ?

J’aimerais beaucoup pratiquer le ski, mais j’y ai renoncé.  Je ne peux pas me permettre de me blesser ou de me casser une jambe, au risque que ma saison soit terminée.

Êtes-vous attirés par les régions polaires ?

Il y a deux ou trois ans, j’ai failli me lancer le défi de faire un triathlon dans ces régions.  Je ne l’ai finalement pas fait.  Mais, cela pourrait être très intéressant.

D’où vient votre envie hors du commun de vous dépasser ?

C’est difficile de répondre à cette question !! Je veux me prouver que je peux résister, que je tiens encore la route.  J’aime voir où sont mes propres limites.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter le site internet de Pascal Pich : http://www.ironmanaroundtheworld.net/