Mois : décembre 2012

Entretien avec...

Entretien avec Kyriakos Kaziras – Le regard du photographe


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Il a un talent hors du commun, un talent qui lui permet de transmettre des émotions par la photographie, notamment par le croisement des regards. Voilà des années qu’il voyage aux quatre coins du monde pour aller à la rencontre de la faune sauvage, notamment dans les régions polaires sur les traces de l’ours blanc. Il peut parler pendant des heures avec passion de ses photos, des anecdotes qui les entourent, des émotions qu’il a ressenties.  Lauréat des ZOOMS du Salon de la Photo 2012, son travail est de plus en plus reconnu et sa notoriété grandissante.  C’est lors d’une expédition en Arctique que nous l’avons rencontré.

Entretien avec un artiste à la sensibilité touchante, entretien avec notre ami, Kyriakos Kaziras.

Kyriakos Kaziras Ours Polaire 2

Trois expéditions en Alaska, quatre expéditions au Spitzberg, deux expéditions en Sibérie au compteur. Pourquoi les régions polaires t’attirent-elles autant ?

Ce qui me plaît, c’est que quand on est dans ces régions, on a l’impression d’être sur une autre planète. Au Spitzberg, ou au nord de l’Alaska, il n’y pas de civilisation, pas de route. Ce sont des régions tellement sauvages. Il n’y a rien, on se retrouve seul avec la nature.

Kyrakos Kaziras Spitzberg

Ce qui m’attire beaucoup également, ce sont les lumières. Elles sont magnifiques. Ce sont des lumières qu’on ne voit nulle part ailleurs.  En Arctique, il fait jour 24 heures sur 24 pendant trois mois. Le soleil tourne autour de l’horizon sans jamais se coucher.  Lorsque le soleil touche l’horizon pour la première fois, cela crée des lumières encore plus étonnantes, fantastiques. A chaque expédition dans ces endroits, je vis des moments magiques.

Je vais aussi dans ces régions car j’aime photographier les ours polaires.  Je vais en Alaska aux endroits où je sais que je suis susceptible de voir des ours.

Quelle a été l’expédition la plus difficile ?

En 2011, une expédition en Alaska dans le parc national et réserve de Katmai. Il a plu pendant toute l’expé. Et il faisait très froid, même sous la tente. Je suis tombé dans l’eau le premier jour en traversant une rivière. Mes vêtements sont restés mouillés jusqu’à la fin de l’expé. J’avais froid tout le temps. Cela rendait les tâches quotidiennes compliquées, comme aller aux « toilettes » par exemple ! Se lever la nuit demandait beaucoup de préparation à cause de la pluie, du froid et des grizzlis qui rôdaient autour de la tente ! Je suis rentré en France malade avec beaucoup de fièvre.  Ceci étant, c’est avec les erreurs que l’on apprend.  Cette année, quand je suis reparti en Alaska, je me suis beaucoup mieux équipé avec du matériel grand froid.

Kyriakos Kaziras-Alaska

Est-ce qu’une photo t’a marqué plus que les autres ? 

Non. Toutes les photos ont une histoire. Chaque photo est particulière. Il y en a qui sont plus difficiles à réaliser que d’autres, par exemple cette photo d’un ourson sur un tronc de bois prise en Sibérie orientale, au Kamtchatka, sous une pluie battante.

Kyriakos Kaziras- Ourson Alaska

Avec les animaux sauvages, il faut être très patient.  Les photos d’ours blanc ci-dessous ont été prises lors de mon expédition en Alaska au mois d’octobre dernier.  A cette époque de l’année, les ours attendent que la banquise se forme pour aller chasser les phoques. Mais la banquise ne s’est jamais formée pendant toute la durée de mon séjour sur place !  Il ne se passait pas grand-chose donc.  J’ai passé mes journées à observer les ours qui attendaient allongés. Ils avaient très faim.  Ils économisaient leur force. A la toute fin de mon expé, des Inuits ont ramené sur la plage une baleine qu’ils venaient de chasser. Les ours se sont nourris de la carcasse de la tête que les Inuits ne conservent pas.

Kyriakos Kaziras Ours Polaire 3

A partir de là, c’est devenu très intéressant pour moi.  Les ours ont commencé à être plus actif, à courir, etc.

Kyriakos Kaziras Ours Polaire 4

Est-ce que tu as prévu de retourner dans les régions polaires prochainement ?

Oui.  En août 2013, je ferai le tour du Spitzberg en bateau afin de photographier les ours polaires sur la banquise au Nord.  Puis, je retournerai au Nord de l’Alaska au bord de la mer de Beaufort entre mi-septembre et mi-octobre.

J’ai également pour projet d’aller en Antarctique en 2014.  Ce sera ma première expédition là-bas.

Comme tu le sais, nous allons courir le Marathon du Pôle Nord. Nous sommes susceptibles d’y rencontrer des ours polaires. Tu t’es déjà retrouvé à plusieurs reprises à quelques mètres d’ours polaires. Comment as-tu géré la situation ?

Si vous vous retrouvez à pied face à face avec un ours blanc, … bonne chance ! L’ours polaire est le plus grand carnivore terrestre, nous sommes de la nourriture pour eux. A chaque fois que je photographie des ours polaires, je suis sur une barque (comme en mer de Beaufort sur la photo ci-dessous) ou sur un voilier (au Spitzberg par exemple). En Alaska, les ours que j’ai vus venaient de se nourrir d’une baleine.  Quand ils viennent de se nourrir, ils sont moins dangereux.  Un jeune ourson a quand même essayé de monter sur la barque. Mais c’était uniquement pour jouer, par curiosité.

Kyriakos Kaziras-Polar Bear

Quels sont tes autres projets ?

Je viens de sortir un livre, Animal Emotion. Il est en librairie depuis le 11 décembre. Ce livre est le fruit de six années de travail, d’expéditions à travers le monde. Je n’ai pas voulu faire un reportage qui ne contiendrait que dix photos intéressantes et beaucoup de remplissage. Je voulais réaliser un ouvrage assez complet.  Ce qui m’intéresse est de transmettre les émotions que je ressens. C’est pour cela que mon livre s’intitule Animal Emotion.

Je retourne au Kenya le 31 décembre pour une dizaine de jours avec mon ami, Pierre Menès.  Je vais lui apprendre la photographie animalière. Une équipe de télévision va nous filmer et faire un reportage sur mon travail pour Canal +.

J’expose les photographies de mon livre à Paris, dans la Galerie Janos, 9 rue Christine, dans le 6ème arrondissement, du 17 janvier au 10 février 2013. Ensuite, j’expose mes photographies d’ours, près de Versailles, à Montfort l’Amaury, dans la Galerie BLIN plus BLIN, du 15 mars au 15 mai 2013.

Je pense que je retournerai deux ou trois fois en Afrique au cours de l’année 2013. Car j’ai un nouveau livre en gestation.

Tu fais également beaucoup de sport, notamment du vélo. Quelles sont les courses cyclistes dont tu as pris le départ ?

J’ai participé à tellement de courses … que je ne parviens pas à me rappeler de toutes !! J’ai couru notamment le Paris-Roubaix, le Paris-Honfleur, l’Ardéchoise, la Poulidor, j’ai fait l’ascension du Mont Ventoux par Bedoin.

Qu’est ce que tu recherches dans ce type de défis sportifs ?

Je cherche à me surpasser.  Quand je relève un défi sportif, je me dis que j’ai réalisé quelque chose que je croyais inaccessible. Je me fixe alors un autre objectif que je considère comme inaccessible et ainsi de suite. Quand on franchit la ligne d’arrivée, on est euphorique à l’idée de se dépasser, d’aller au bout de soi même.

En ce moment, je fais beaucoup moins de sport. Cela me manque. Malheureusement, je n’ai pas le temps. Au cours des quatre derniers mois, je suis parti au Spitzberg, en Afrique du Sud, en Sibérie Orientale, au Kenya, en Alaska, et le reste du temps, j’ai travaillé sur la préparation de mon livre, j’ai répondu à des interviews pour des magazines de photographie, j’ai animé des conférences pour le Club Photoshop à Nantes, j’ai exposé et animé des conférences au Salon de la Photo, porte de Versailles, à Paris, au festival de la photographie animalière de Montier-en-Der et en Slovénie, et j’ai animé des cours à l’école MJM Design Graphic à Paris.

Pour en savoir plus sur le travail de Kyriakos Kaziras, nous vous invitons à visiter son site internet : http://www.kaziphoto.com/.  Kyriakos vient de publier un livre, Animal Emotion, aux Editions Vilo , avec une préface de Pierre Ménès, en vente en librairie et sur son site internet. Une bonne idée de cadeau en cette période de fêtes !!

Animal Emotion Kyriakos Kaziras

Régions polaires

Shackelton, « By Endurance We Conquer »


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Des soirées polaires sont actuellement organisées au cinéma La Géode, 26 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris.  Lors de ces soirées, vous pouvez assister à la projection du film Ernest Shackelton, Naufrage de l’Antarctique, de Georges Butler ainsi qu’au film Arctique de Greg MacGillivray – un documentaire sur les ours et l’impact du réchauffement climatique en Arctique. La Géode expose également des photographies prises pendant le tournage du film par Florian Schulz.

Une bonne occasion donc de revivre sur grand écran les exploits de Shackelton et de son équipage – une des plus grandes histoires de survie de tous les temps !

Expédition polaire que vous pouvez également retrouver sur un format bande dessinée (Endurance, Bertho-Boidin, aux éditions Delcourt Mirages )

(c) Bertho - Boidin - Editions Delcourt Mirages
(c) Bertho – Boidin – Editions Delcourt Mirages

Sir Ernest Henry Shackleton est un explorateur anglo-irlandais, considéré comme l’une des principales figures de l’âge héroïque de l’exploration en Antarctique.

En 1914, après avoir essuyé plusieurs échecs en Antarctique et espéré à deux reprises être le premier homme à atteindre le pôle Sud (exploit réussi le 14 décembre 1911 par le norvégien Roald Amundsen), Shackleton porte son attention sur ce qu’il estime être le dernier grand défi polaire : la traversée à pied du continent Antarctique de la mer de Weddell à la mer de Ross via le pôle. Il monte, à cette fin, en 1914, l’expédition Endurance, avec un équipage de vingt-sept hommes.

(c) Royal Geographical Society
(c) Royal Geographical Society

La malchance le frappe lors de cette expédition et le navire, l’Endurance, un trois-mâts de quarante-quatre mètres, se retrouve emprisonné plusieurs mois dans les glaces. Il est lentement écrasé par la pression des glaces, obligeant les hommes à débarquer en octobre 1915. Pendant près de deux mois Shackleton et son équipe campent sur la banquise (Ocean Camp), espérant qu’elle dérive vers l’île Paulet, au nord, à près de 400 kilomètres, car ils savent que des provisions y sont déposées.

Après avoir échoué à cette dangereuse entreprise, à cause de la dérive qui les en éloigne, Shackleton décide de monter un autre camp sur cette banquise mouvante (Patient Camp), se fiant à nouveau au courant qui la pousse vers le détroit de Drake, au nord. Il veut dériver vers les eaux libres pour mettre les canots à la mer et atteindre une île de l’extrémité de la péninsule Antarctique.  Le 17 mars 1916, leur camp est à moins de 100  kilomètres de l’île Paulet, mais la glace trop épaisse les en sépare. Ils ne peuvent l’atteindre.

(c) Bertho - Boidin - Editions Delcourt Mirages
(c) Bertho – Boidin – Editions Delcourt Mirages

Le 9 avril 1916, la banquise se brise. Shackleton ordonne alors à l’équipage de mettre les canots à la mer afin de naviguer vers la terre la plus proche. Après cinq jours et cinq nuits sur une mer agitée et glaciale, les hommes, épuisés, débarquent à l’île de l’Éléphant, roche escarpée et couverte de glaces.

L’île de l’Éléphant est inhospitalière, loin de toutes routes maritimes. Shackleton prend donc le risque de partir avec cinq hommes dans le sens du courant à bord du plus grand des trois canots de sauvetage afin d’atteindre la lointaine Géorgie du Sud où il sait pouvoir trouver de l’aide dans les stations baleinières. S’ensuit une série d’exploits dont une navigation de plusieurs semaines à bord d’un canot dans des conditions tempétueuses.

(c) Bertho - Boidin - Editions Delcourt Mirages
(c) Bertho – Boidin – Editions Delcourt Mirages

Une traversée à pied en 36 heures de la Géorgie du Sud – île montagneuse qu’aucun homme n’avait alors traversée.

Et enfin le sauvetage, en août 1916, des hommes restés sur l’île de l’Elephant.

Shackleton

Marathon du Pôle Nord 2013

Runners to the Pole – En route vers le pôle Nord !


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By Mikekingphoto

Un peu plus de 42 kilomètres. Un thermomètre autour de -30°C. Sur le territoire du Seigneur de l’Arctique – l’ours blanc.

Le 9 avril 2013, nous courrons le marathon le plus septentrional et le plus froid du monde, à 90°N, sur l’océan glacial Arctique.

Au-delà du défi sportif, cette course est surtout l’occasion pour nous d’aller à la rencontre de coureurs à pied, ultra-trailers et autres aventuriers et amoureux des régions polaires, de partager cette expérience autour de nous et de soutenir l’Association Petits Princes.

Nous avons commencé à courir ensemble sur le campus d’HEC où nous nous sommes rencontrés (il y a 10 ans déjà !) et nous avons partagé beaucoup d’autres choses ensemble depuis ! Nous avons couru ensemble plusieurs semi-marathons, marathons et trails, notamment le marathon de New-York et le marathon de Paris.

Comme nous sommes également fascinés par les régions polaires, courir le Marathon du Pôle Nord nous a semblé être un défi fait pour nous, un moyen de mettre à l’épreuve nos capacités physiques et mentales.

Nous n’avons jamais remporté une course dont nous avons pris le départ, et compte tenu du profil des autres compétiteurs inscrits au Marathon du Pôle Nord, nous sommes bien partis pour conserver ce record en 2013 ! Stéphanie sera toutefois la première française à courir le Marathon du Pôle Nord.

Notre principal objectif sera de franchir la ligne d’arrivée ensemble, comme toujours, et de collecter des fonds pour l’Association Petits Princes, qui permet aux rêves d’enfants gravement malades de devenir réalité. Pour plus d’informations sur cette association, vous pouvez cliquer ICI.

Nous posterons sur ce blog des articles sur notre préparation, la course, les régions polaires, mais également des interviews de coureurs et autres aventuriers de l’extrême, dont les conseils seront précieux. Et puis nous essayerons également d’y mettre de belles photos !

Stéphanie & Jérémie

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Runners to the Pole – Running up to North pole !

There will be 26.2 miles to run. Temperature is expected to be around -22°F. And polar bears may be in the area.

On April 9th, 2013, we are running the northernmost and coolest marathon on earth, at 90°N, over the frozen water of the Arctic Ocean.

Beyond the physical challenge, the North Pole Marathon is a great opportunity for us to meet and learn from experiences of other runners, ultra trailers and polar adventurers, to share this project around with everyone interested and to raise funds for the children of the Association Petits Princes.

We started to run together in the HEC campus where we met (almost ten years ago now!) and have done many other things together since then! We have completed numerous half-marathons, marathons and trail runs, including the New-York City Marathon and the Paris Marathon.

As we have also a strong passion for polar regions, the North Pole Marathon sounded like the perfect challenge to us. It is fair to say that we love to challenge our limits physically and mentally.

We have never won any race we entered, and, given the high profile of our fellow competitors at the North Pole Marathon, we are fully on track to maintain that record in 2013! Stéphanie will be the first French woman though to run the North Pole Marathon.

Our main goals will be to cross the finish line together, as always, and to raise funds for the Association Petits Princes, which fulfills the dreams of critically ill children.  To learn about this charity, please click HERE.

This blog is about running at the pole. We will post here information regarding our prep, the race and the poles, but also interviews of extreme adventurers, as we will try to learn from their experiences. This may come with some nice photos!

Stéphanie & Jérémie

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Entretien avec...

Entretien avec Christophe Lebrun – Grand Chelem Marathon


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Christophe Lebrun (Salar d'Uyuni)
© GCM – 2012

Après avoir participé au Marathon du Pôle Nord en 2011, il boucle durant l’été et l’automne 2012, avec son amie Frédérique, les deux premières étapes de leur Grand Chelem Marathon.  Le Grand Chelem Marathon, c’est un tour du monde durant lequel ils courent un marathon sur chacun des cinq continents dans un lieu insolite où aucun marathon n’a jamais été couru – les volcans du Vanuatu jusqu’aux lacs de lave en fusion ou le Salar d’Uyuni en Bolivie à près de 4000 mètres d’altitude.  Rencontre avec Christophe Lebrun, un sportif 100% nature. 

Vous avez couru le Marathon du Pôle Nord en 2011. Vous courez en 2012 et 2013 votre Grand Chelem Marathon. Pourquoi avez-vous décidé de courir ces marathons de l’extrême ?

J’ai toujours fait beaucoup de sport.  Il y a dix ans, j’ai passé près d’une année sur un lit d’hôpital. Je ne savais pas si je pourrais remarcher un jour. Je m’étais alors dit que si je m’en sortais, je ferais quelque chose de fort, exceptionnel, afin de transmettre de l’espoir à ceux qui traversent des moments de souffrance. Après de longs mois de rééducation, je suis parvenu à remarcher puis à recourir. J’ai alors participé à des raids par étapes sur plusieurs jours. C’est en témoignant de cette expérience que je me suis rendu compte que je pouvais aider d’autres personnes. Courir utile, établir un parallèle symbolique entre « vaincre la maladie », « atteindre un sommet » et « franchir la ligne d’arrivée ». Je me suis rapproché de l’association A Chacun Son Everest !, fondée par la célèbre alpiniste française, Christine Janin. Aujourd’hui, les marathons extrêmes du Grand Chelem Marathon sont dédiés aux enfants de cette association.

Quelle a été votre préparation spécifique au Marathon du Pôle Nord ?

Je me suis entraîné une fois par semaine, à raison de 2 à 3 heures par séance, en chambre froide à partir du mois de janvier jusque mi-mars. Avec le recul, je me rends compte que j’ai peut être fait trop d’entraînements en chambre froide. C’est utile pour tester le matériel mais ce type d’entraînements fatigue énormément. Je me suis aussi entraîné à courir longtemps et en montagne. J’ai également couru la SaintéLyon en décembre 2010, l’année où il a fait le plus froid sur cette course. Je crois que j’étais le seul concurrent à être ravi des conditions climatiques qui me préparaient pour le pôle Nord !

Quels souvenirs gardez-vous du Marathon du Pôle Nord ?

Des sensations intenses et inédites. Le pôle Nord est un lieu unique au monde. J’en garde le souvenir d’une lumière exceptionnelle, de la limpidité de l’air, d’un ciel bleu, du soleil qui nous tourne autour, du silence, d’un engagement total pour aller au bout de soi-même. Le mental prend le dessus sur le physique pour franchir la ligne d’arrivée. Je garde de beaux souvenirs aussi des moments de partage et d’échange avec les enfants d’A Chacun son Everest ! Nous nous sommes rencontrés à Chamonix durant la préparation de cette course, mais aussi au retour du pôle.

Nous allons courir le Marathon du Pôle Nord en avril 2013, quels conseils nous donneriez vous ?

Préparez minutieusement votre équipement. Cet équipement peut être différent pour chacun de vous deux. Le plus important est qu’il vous convienne. Il faut également vous confronter au froid et faire des sorties longues en montagne, sur des glaciers. N’hésitez pas à courir plusieurs heures en continu. A marcher longuement aussi. Et surtout, n’écoutez jamais toutes les personnes qui vous diront : « Ce n’est pas possible » !!

Comment vous est venu l’idée de faire un tour du monde pour courir un marathon inédit sur chacun des cinq continents ? 

C’est une conjonction de plusieurs raisons. Avec Frédérique, nous avons imaginé et dédié ce projet aux enfants d’A Chacun son Everest ! Nous sommes passionnés de course à pied, avec une approche très nature. Nous voulions ainsi créer un projet qui allie les notions de voyage, de partage et la course à pied. Nous ne cherchons pas la performance, ni les records. Ce qui importe, c’est de franchir la ligne d’arrivée, tout comme les enfants se battent pour vaincre leur maladie. Ce qui nous motive, c’est de courir la distance du marathon, de franchir les obstacles, de surmonter les doutes. Courir là où personne n’a jamais couru est une belle source d’adaptation. La plupart des marathons du Grand Chelem sont des premières, dédiées aux enfants d’A Chacun son Everest !

 © GCM - 2012
© GCM – 2012

Et surtout, n’écoutez jamais toutes les personnes qui vous diront : « Ce n’est pas possible » !!

Comment s’est passée la seconde étape qui a eu lieu fin octobre sur le Salar d’Uyuni en Bolivie ?

Ce marathon a été particulièrement difficile…Nous devions faire face à des conditions particulières : un effort continu et intense sous hypoxie, une chaleur importante et une réverbération intense due à la blancheur immaculée du désert de sel – qui ressemblait par certains côtés à la banquise.  Un médecin nous a accompagnés. Nous avions également un caisson hyperbare en cas de mal aigu des montagnes. Nous ne connaissions personne qui ait couru un marathon à une telle altitude, nous n’avons pas pu bénéficier de conseils de prédécesseurs. Nous venons de publier le récit de cette course sur le blog (http://www.grand-chelem-marathon.com/). Même si cela a été très difficile, nous avons beaucoup appris de cette expérience. Les Boliviens nous ont regardés avec des grands yeux ! Le Salar d’Uyuni se parcourt habituellement en 4×4, pas à pied et encore moins en courant ! C’était tout à fait étonnant pour eux de nous voir nous engager dans cette aventure et encore plus de nous retrouver quelques heures plus tard à l’autre bout du Salar après cette traversée du désert.

Connaissez-vous d’ores et déjà les destinations des trois dernières étapes du Grand Chelem Marathon ?

Pas toutes. Les destinations et les parcours sont en cours d’élaboration. 

Des scientifiques vous suivent afin d’étudier la réaction du corps humain lorsqu’il est confronté à des conditions extrêmes ? Ont-ils déjà tiré des conclusions de vos deux premières étapes du Grand Chelem Marathon ?

Les laboratoires qui nous suivent n’ont pas encore tiré de conclusions. Actuellement, nous relevons et collectons de nombreuses informations. Il faudra sans doute entre un an et un an et demi pour les exploiter et en tirer des conclusions. Ceci étant, tout ne sera peut-être pas exploitable car nous ne courons pas dans des conditions de laboratoire.

Combien de marathons et / ou ultra-trails avez-vous couru ? Lesquels vous ont le plus marqué ?

Je n’ai pas couru beaucoup de marathons, deux seulement avant le Marathon du Pôle Nord. Mes courses de prédilection étaient jusqu’à présent les grands raids par étapes. J’ai ainsi couru les Foulées de la Soie en Chine en 2007, les Foulées de Cappadoce en Turquie en 2008, les Foulées de Samarcande en Ouzbékistan en 2009.

Quelle est la compétition la plus difficile à laquelle vous ayez participé ?

Le Marathon du Pôle Nord à cause du froid, de la durée et de l’engagement que cela implique.

Pratiquez-vous d’autres activités sportives ? Lesquelles ?

Le triathlon, le ski, la randonnée en raquettes, le parapente, l’escalade.

Avez-vous vécu d’autres expériences dans les régions polaires (voyage, trek, défi sportif, etc) ?

Non. Ceci étant, avant de courir le Marathon du Pôle Nord, j’ai fait escale au Spitzberg. C’était l’occasion de randonner sur neige et glace et de découvrir le glacier de Longyearbyen.

Avez-vous déjà des projets pour 2014, après le Grand Chelem Marathon ? 

Nous avons avant tout 2013 en point de mire et encore trois étapes du Grand Chelem à réaliser. Toute notre attention est portée sur ce projet.

 

Marathon du Pôle Nord 2013

La SaintéLyon 2012 : 70 kms entre neige et glace !


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SaintéLyon-2012-Parcours Petit rappel, la SaintéLyon, c’est :

  • un parcours mythique de Saint-Etienne à Lyon
  • via les crêtes des Monts du Lyonnais
  • 70 kms
  • 50% de chemins pour 50% de bitume
  • 1700 m de dénivelé positif pour 1900m de dénivelé négatif
  • tous les ans le premier week-end de décembre
  • un départ à minuit

Avec en bonus pour l’édition 2012 :

  • 25 kms enneigés entre Sorbiers (km8) et la descente du bois d’Arfeuille (km33)
  • du verglas et de la glace – y compris dans la bouteille d’eau…
  • et des flocons de neige au petit matin (à partir de 7h) pour le final

Conséquences :

  • 2000 abandons sur 6000 inscrits au raid de 70 kms
  • des chutes – beaucoup de chutes – sans trop de gravité tout de même par rapport à l’édition 2010 (une trentaine d’évacuations pour fractures quand même)
  •  un bon entraînement pour le Marathon du Pôle Nord (i.e. un bon terrain d’entraînement… pour la température, il faudra probablement compter 20°C de moins !)

Allez, c’est parti pour un petit résumé de notre SaintéLyon.

Le Parc Expo de Saint-Etienne. Jusque là, tout va bien. La salle est bien chauffée ! Visualisation de la course avec Cathy Dubois, 1ère féminine en 2007 (extrait vidéo ci-dessous).

Cathy Dubois, qui remportera d’ailleurs quelques heures plus tard la SaintéLyon 2012 – après 7h13mn24s d’effort – devant Karine Herry, quatrième, qui a déjà tout gagné sauf la SaintéLyon, e.g. les Templiers (9 victoires !), l’UTMB, le Grand Raid de la Réunion, etc.

Le Départ (km0). Sortir du Parc Expo de Saint-Etienne pour se rendre sur la ligne de départ, à quelques centaines de mètres, est déjà une première épreuve ! Le froid est saisissant, tous les véhicules sur le parking sont d’ailleurs recouverts d’une belle couche de verglas. Heureusement, courir ça réchauffe, surtout que les premiers kilomètres sont assez roulants, même si nous cherchons surtout à ne pas aller trop vite pour avoir des jambes jusqu’au bout.

La sortie des Sorbiers (km8). Début de l’ascension dans l’obscurité vers Saint-Christo. Effectivement, il a bien neigé et il en reste une bonne couche ! La progression devient plus compliquée, d’autant plus que l’éclairage de nos frontales n’est pas optimal. Regard en arrière pour profiter du spectacle, le long serpent des lumières de frontales s’est déployé. Les pieds dans la neige sous le ciel étoilé.

Saint-Christo (km16). Premier ravitaillement, mais nous décidons de poursuivre jusqu’à Sainte-Catherine sans nous arrêter. L’ascension continue jusqu’au point culminant (km21). La couche de neige est particulièrement épaisse par endroit – on s’enfonce jusqu’au mollet ! Le passage par les crêtes est agrémenté d’un léger vent frais (…) Tiens, notre bouteille d’eau commence à glacer. C’est le moment où Stéph décide de mettre sa troisième paire de gants. Et certains coureurs s’arrêtent sur le bord du chemin pour mettre des chaines à leurs chaussures afin d’avoir une meilleure adhérence (cela nous aurait été bien utile).

SaintéLyon enneigée

Sainte-Catherine (km28). Soulagement quand nous apercevons les lumières de Sainte-Catherine. Au départ à Saint-Etienne, l’organisation nous avait indiqué que le plus difficile serait de rallier Sainte-Catherine : ça c’est fait – mais il reste quand même une quarantaine de kilomètres… Allez, un petit arrêt ravito et c’est reparti !

Saint-Genoux (km36). La descente sur Saint-Genoux est technique. Dans le bois d’Arfeuille, la neige laisse la place à la boue puis au verglas. On tombe, on se relève et on repart. Heureusement, nos chutes sont sans gravité, même si elles laisseront des traces pendant quelques jours après la course. En passant, nous avons un petit mot pour ceux qui se sont blessés et qui attendent les secours dans leur couverture de survie.

Soucieu-en-Jarrest (km47). Les deux nouveautés de la 59ème édition de la SaintéLyon, c’est ici, deux nouveaux passages nature sous forme de descentes très techniques : le bois de la Gorge et le bois de la Dame. Le verglas est tellement piégeux que la plupart des participants préfèrent s’engager par les sous-bois longeant le chemin. Nous sommes fatigués mais bien contents d’arriver au ravito de Soucieu ! Surtout que les 23 kilomètres restant sont a priori moins techniques.

Beaunant (km59). Nous espérions pouvoir accélérer notamment dans la descente jusqu’au passage du Garon, mais le genoux gauche de Jérémie – qui a eu droit à un contact privilégié avec le verglas dans le bois d’Arfeuille – commence à bloquer. Les derniers kilomètres s’annoncent difficiles. Le jour se lève et il commence à neiger. A 10 kilomètres de l’arrivée, sublime aqueduc gallo-romain, la côte des Acqueducs de Beaunant -1,5 kms dont un passage à plus de 20%- ça passe ou ça casse… Bon, ça passe !

Lyon – arrivée (km70). En longeant les quais, à moins de 5 kilomètres de l’arrivée, nous croisons des joggeurs en sens inverse qui nous encouragent. Allez, une dernière ligne droite, quelques marches à monter, à descendre, à monter… puis enfin l’entrée dans le parc de Gerland, un dernier virage pour enfin franchir les portes du Palais des Sports de Gerland : FINISHERS !!!!

Extrait article L’Equipe, le 3 décembre 2012 : « La plus ancienne des courses natures françaises, la mythique SaintéLyon a encore marqué les esprits dans la nuit de samedi à dimanche (départ à minuit).  Les 12 000 coureurs inscrits sur les différentes formules, dont près de 6 000 sur le raid solo de 70 kms,  ont eu en effet à affronter des conditions hivernales particulièrement rudes avec un froid vif, une neige abondante sur le versant stéphanois et un terrain particulièrement difficile et piégeux, occasionnant des chutes fréquentes (plus de 3000 abandons) ».